La voix des parents : quand protéger une personne vulnérable conduit à repenser tout l’équilibre familial

Par Éric Caraco

Lorsque j’ai commencé à réfléchir à la place de la famille dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap, une question s’est progressivement imposée à moi : peut-on réellement protéger une personne vulnérable sans prendre en considération l’environnement dans lequel elle vit ?

Cette question peut sembler évidente. Pourtant, elle me paraît essentielle lorsqu’on observe la manière dont sont encore parfois pensés les parcours de protection. Le handicap est généralement appréhendé à partir de la personne qui en est porteuse : ses droits, ses besoins, son accompagnement, son autonomie, son accès aux soins, à l’éducation, au logement ou encore à l’emploi. Ces dimensions sont évidemment fondamentales.

Mais la personne ne vit pas isolément. Elle appartient à une famille, à un environnement affectif, social et institutionnel. Elle entretient des relations avec ses parents, ses frères et sœurs, ses proches, des professionnels et des institutions. Tous ces acteurs participent, d’une manière ou d’une autre, à la construction de son parcours. C’est cette dimension relationnelle de la vulnérabilité qui m’intéresse particulièrement.

Et l’enquête « Handicap et vie quotidienne : La Voix des Parents », réalisée par l’Unapei en 2023 auprès de 3 940 parents, apporte à cette réflexion des éléments particulièrement éclairants.

Le handicap ne transforme pas seulement la vie de la personne concernée

L’annonce d’un handicap chez un enfant constitue souvent un bouleversement profond pour l’ensemble de la famille.

Avant même que les difficultés concrètes apparaissent, c’est une représentation de l’avenir qui peut être remise en question : les projets imaginés, les repères du quotidien et parfois même les relations entre les membres de la famille doivent progressivement être réinterrogés.

J’avais déjà développé cette idée dans une précédente réflexion : le handicap ne concerne pas uniquement la personne qui en est porteuse ; il s’inscrit dans un environnement familial, affectif, social et institutionnel qui doit lui aussi apprendre à s’adapter.

L’enquête de l’Unapei vient donner une dimension statistique à cette observation. Elle met notamment en évidence les conséquences du handicap sur la santé et le moral des parents, leur vie professionnelle, leur sentiment d’isolement et leur capacité à se projeter dans l’avenir. Elle souligne également leur volonté de continuer à vivre leur propre vie et leur fierté face aux progrès de leur enfant.

Cette réalité me semble fondamentale : accompagner une personne vulnérable, c’est aussi prendre en compte ceux qui l’accompagnent.

Une famille qui doit apprendre à vivre autrement

Lorsqu’un handicap devient une réalité quotidienne, toute l’organisation familiale peut être modifiée.

Le logement peut nécessiter des adaptations. Les déplacements peuvent devenir plus complexes. Les rendez-vous médicaux, paramédicaux et administratifs se multiplient. La scolarité peut nécessiter des aménagements. L’organisation professionnelle des parents peut également être profondément affectée.

Dans certaines familles, l’un des parents réduit son activité ou cesse temporairement de travailler afin d’assurer l’accompagnement de son enfant. Cette réalité ne relève pas seulement de l’organisation pratique. Elle peut avoir des conséquences sur les revenus, la carrière, les droits sociaux, la retraite et, à plus long terme, sur la capacité du parent à construire son propre avenir.

L’enquête de l’Unapei apporte ici un chiffre particulièrement significatif : 41 % des actifs ayant répondu à l’enquête travaillent à temps partiel, contre 17,5 % des salariés dans la population générale utilisée comme référence. L’enquête indique également que 59 % des répondants considèrent que davantage de solutions d’accompagnement leur permettrait de disposer de davantage de temps pour eux-mêmes. Je vois ici un véritable paradoxe.

Nous souhaitons permettre à la personne vulnérable de conserver le maximum d’autonomie possible, mais l’insuffisance des solutions d’accompagnement peut conduire ses proches à réduire leur propre autonomie.

L’autonomie de l’un ne devrait-elle pas être construite sans sacrifier celle des autres ?

Lorsque les parents deviennent des aidants à vie

L’un des enseignements de l’enquête me paraît particulièrement important : la frontière entre le rôle de parent et celui d’aidant peut progressivement devenir difficile à distinguer.

Les parents restent des parents. Mais lorsque les solutions d’accompagnement sont insuffisantes, ils peuvent être conduits à assumer durablement des fonctions de coordination, de soins, de surveillance, de démarches administratives ou d’organisation du quotidien. La famille devient alors, parfois malgré elle, un véritable acteur de la coordination du parcours. Cette situation peut produire une forme de dépendance réciproque.

La personne vulnérable dépend de ses proches pour une partie de son accompagnement, tandis que les proches deviennent eux-mêmes dépendants de l’absence de solutions alternatives. C’est précisément à ce niveau que la notion de protection mérite, selon moi, d’être interrogée. Protéger une personne ne devrait pas signifier demander à son entourage de renoncer progressivement à sa propre vie.

95 % des parents appréhendent l’avenir de leur enfant

C’est probablement le résultat de l’enquête qui m’interpelle le plus.

95 % des parents interrogés appréhendent l’avenir de leur enfant lorsqu’ils ne seront plus là.

L’enquête identifie notamment le manque de solutions d’accompagnement, l’absence de relais, la pénurie de professionnels et les listes d’attente comme des facteurs d’inquiétude. Par ailleurs, 88 % des parents déclarent être inquiets pour l’avenir de leur enfant et avoir des difficultés à imaginer sa vie et son accompagnement dans quelques années. Ce chiffre donne une autre dimension à la question de l’anticipation. Il ne s’agit plus seulement de savoir comment accompagner l’enfant aujourd’hui.

Il s’agit de savoir comment protéger son parcours lorsque ceux qui l’accompagnent aujourd’hui ne pourront plus le faire.

Cette question me paraît fondamentale dans mes recherches sur la vulnérabilité. Car l’anticipation ne consiste pas simplement à prévoir une succession ou à organiser un patrimoine. Elle consiste également à préparer la continuité de la protection.

« Qui accompagnera la personne ? Qui connaîtra son histoire, ses habitudes, ses préférences ? Qui pourra défendre ses intérêts ? Comment préserver ses ressources ? Comment organiser son logement ? Comment éviter que la disparition ou l’épuisement des parents ne provoque une rupture dans son parcours de vie ? ….»

Toute ces questions sont difficiles parce qu’elles obligent les familles à envisager un avenir qu’elles préfèrent naturellement ne pas imaginer. Mais précisément, anticiper peut permettre d’éviter que les décisions essentielles soient prises dans l’urgence.

Quand la liberté de choisir devient elle aussi fragile

Un autre résultat de l’enquête mérite, selon moi, d’être rapproché de cette réflexion.

74 % des parents interrogés déclarent ne pas avoir le sentiment d’être libres de choisir comment vivre leur vie. Ils ne sont que 26 % à déclarer disposer de ce sentiment de liberté, alors que l’Unapei rappelle un taux de 71 % dans la population générale de l’enquête de référence citée.

Ce résultat ne doit pas être interprété comme une simple mesure du bonheur des parents.

Il révèle quelque chose de plus profond : la capacité à choisir sa propre vie peut être directement affectée par l’organisation de la protection d’un proche.

C’est ici que la question de l’équilibre familial prend tout son sens. Si protéger une personne conduit ses parents à ne plus pouvoir travailler comme ils le souhaitent, à ne plus disposer de temps pour eux-mêmes, à réduire leurs relations sociales ou à renoncer à certains projets, alors nous devons nous interroger sur la manière dont la protection est organisée. Je ne pense pas qu’il faille opposer les droits de la personne vulnérable à ceux de sa famille.

Je pense au contraire qu’il faut chercher à articuler les droits, les besoins et les libertés de chacun.

Ne pas oublier les frères et sœurs

Dans cette réflexion, les parents ne sont d’ailleurs pas les seuls concernés. Les frères et sœurs peuvent également être directement touchés par la situation. L’attention familiale se concentre naturellement sur l’enfant qui nécessite le plus d’accompagnement. Cette mobilisation est légitime. Mais elle peut parfois conduire les autres enfants à disposer de moins de temps, moins d’écoute ou moins d’attention. Certains peuvent ressentir une responsabilité particulière vis-à-vis de leur frère ou de leur sœur. D’autres peuvent éprouver de la jalousie, de l’incompréhension ou de la culpabilité lorsqu’ils expriment leurs propres besoins. Cette dimension me semble particulièrement importante lorsque l’on réfléchit à la transmission patrimoniale. Car le jour où les parents disparaîtront, la fratrie peut être amenée à jouer un rôle nouveau auprès de la personne vulnérable.

Avons-nous suffisamment anticipé cette transition ?

Avons-nous réellement pensé la transmission comme une transmission de patrimoine, mais également comme une transmission de repères, de responsabilités, de connaissances et de relations ?

Protéger sans enfermer

Il existe également un autre risque : celui de confondre protection et surprotection. Face à la vulnérabilité, le réflexe naturel peut être de vouloir supprimer tous les risques. Mais supprimer tous les risques signifie parfois supprimer également la possibilité d’expérimenter, de choisir et d’apprendre. Dans une réflexion précédente, j’écrivais que l’enjeu consistait à trouver une voie entre deux écueils : « protéger suffisamment sans enfermer, et favoriser l’autonomie sans exposer inutilement ».

Cette formule résume assez bien la difficulté que j’observe. Une protection excessive peut conduire à décider à la place de la personne. Une autonomie pensée sans tenir compte des vulnérabilités réelles peut, à l’inverse, exposer cette personne à des risques qu’elle ne peut pas toujours anticiper ou gérer seule. Je préfère donc parler d’une protection proportionnée et évolutive, capable de s’adapter à la situation de la personne, à ses capacités, à son environnement et à l’évolution de son parcours.

La famille et les professionnels : deux savoirs qui doivent se rencontrer

Cette recherche d’équilibre concerne également la relation entre les familles et les professionnels. Les parents possèdent une connaissance quotidienne de leur enfant : son histoire, ses habitudes, ses réactions, ses capacités et ses aspirations. Les professionnels disposent quant à eux d’une expertise médicale, éducative, sociale, juridique ou institutionnelle. Ces deux formes de connaissance ne devraient pas être opposées. Elles devraient se compléter. Le professionnel apporte son expertise. La famille apporte son expérience. Et, lorsque cela est possible, la personne concernée doit pouvoir apporter son propre point de vue sur ce qui constitue son projet de vie. Cette articulation me semble essentielle pour construire un accompagnement réellement individualisé.

La loi du 11 février 2005 a constitué une étape importante dans la reconnaissance des droits des personnes handicapées, notamment autour de l’égalité des droits et des chances, de la participation et de la citoyenneté. Mais la reconnaissance juridique d’un principe ne signifie pas nécessairement que son application est achevée. Il reste à construire, dans les pratiques quotidiennes, les conditions permettant à cette participation d’être effective.

Peut-on protéger une personne sans protéger son environnement ?

C’est probablement la question centrale que je retiens de cette confrontation entre mon travail de réflexion et les résultats de « La Voix des Parents ».

Nous avons progressivement construit des politiques publiques davantage centrées sur les droits de la personne en situation de handicap. Cette évolution est indispensable. Mais elle peut conduire à oublier une réalité fondamentale : la personne vulnérable vit dans un environnement.

Elle appartient à une famille. Elle dépend parfois d’un réseau de professionnels. Elle évolue dans un environnement social et institutionnel. Lorsque cet environnement se fragilise, la personne peut elle-même devenir plus vulnérable. La vulnérabilité individuelle peut donc produire des vulnérabilités familiales. Et ces vulnérabilités familiales peuvent, à leur tour, fragiliser la protection de la personne. C’est pourquoi je considère aujourd’hui que la protection ne peut pas être uniquement individuelle. Elle doit également être relationnelle.

Vers un « universalisme différencié » de la protection ?

Cette réflexion m’amène progressivement à approfondir une notion qui occupe une place importante dans mes recherches : celle d’un universalisme différencié fondé sur l’équilibre relationnel.

L’objectif n’est pas de créer des droits différents selon les individus. Il est de reconnaître que l’égalité réelle peut nécessiter de tenir compte des situations concrètes dans lesquelles les personnes vivent. Une personne vulnérable doit pouvoir bénéficier de droits et de protections. Mais sa famille doit également pouvoir conserver ses propres droits, son autonomie et sa capacité à construire son avenir. L’enjeu n’est donc pas de choisir entre la personne vulnérable et sa famille. Il est de construire un système capable de protéger l’une sans fragiliser les autres.

Cette approche conduit également à repenser la transmission patrimoniale. Car transmettre un patrimoine à une personne vulnérable ne peut pas être envisagé uniquement sous l’angle de la propriété ou de la fiscalité.

Il faut également réfléchir à la manière dont cette transmission pourra être sécurisée, administrée et utilisée dans l’intérêt de la personne, tout en préservant les droits des autres membres de la famille.

La transmission devient alors une véritable question de protection dans le temps.

Anticiper pour ne pas décider dans l’urgence

Pour moi, l’anticipation constitue l’un des points de rencontre essentiels entre le handicap, la protection juridique et la transmission patrimoniale. Anticiper ne signifie pas décider à la place de la personne. Cela signifie créer suffisamment tôt les conditions permettant que ses choix, ses besoins et ses intérêts puissent être respectés lorsque les circonstances deviendront plus complexes. Anticiper, c’est aussi permettre aux parents de transmettre progressivement leur connaissance de leur enfant. Car une personne vulnérable ne se résume jamais à un diagnostic, à une mesure de protection ou à un patrimoine. Elle a une histoire, des habitudes, des relations, des préférences et une manière singulière d’habiter le monde.

Comment transmettre tout cela lorsque les parents ne seront plus là ?

Cette question dépasse largement le droit patrimonial. Elle touche à la continuité de la personne elle-même.

Une protection qui doit évoluer avec la personne

Je suis convaincu que la protection ne peut pas être pensée comme un dispositif figé. Elle doit évoluer avec la personne. Elle doit pouvoir être renforcée lorsque la vulnérabilité augmente, mais également être réévaluée lorsque les capacités d’autonomie progressent. Elle doit pouvoir accompagner sans se substituer. Sécuriser sans enfermer. Prévenir sans priver d’expérimentation. Et surtout, elle doit permettre à la personne de rester actrice de son propre parcours autant que ses capacités le permettent. Cette approche suppose également de ne pas considérer les parents comme de simples « aidants ». Ils sont des parents. Ils sont parfois des aidants. Ils sont aussi des travailleurs, des conjoints, des frères et sœurs, des enfants de leurs propres parents, des citoyens et des personnes qui ont leurs propres projets.

Ils ne devraient pas avoir à choisir entre protéger leur enfant et continuer à vivre leur propre vie.

Ce que « La Voix des Parents » me conduit à interroger

L’intérêt de l’enquête de l’Unapei est, à mes yeux, de mettre des chiffres sur une réalité que les familles expriment depuis longtemps.

3 940 parents ont participé à l’enquête. Elle met en évidence une fragilisation du bien-être, des conséquences professionnelles importantes, un sentiment de restriction de la liberté de choix et surtout une inquiétude massive concernant l’avenir. Mais au-delà des chiffres, elle me conduit à approfondir une conviction : la protection d’une personne vulnérable ne peut pas être dissociée de la protection de l’équilibre relationnel qui l’entoure.

Il ne s’agit pas de placer la famille au-dessus de la personne. Il ne s’agit pas non plus de demander à la famille de porter davantage de responsabilités. Il s’agit de rechercher un équilibre. Un équilibre entre protection et autonomie, entre solidarité et liberté, entre intervention familiale et intervention professionnelle, entre sécurisation et droit au risque, entre protection du patrimoine et respect des choix de la personne, entre les droits de la personne vulnérable et ceux des autres membres de sa famille.

C’est cette recherche d’équilibre qui constitue aujourd’hui une partie importante de ma réflexion.

Réinventer l’équilibre, sans perdre personne en chemin

Le handicap ne transforme pas uniquement la vie de la personne qui en est porteuse. Il transforme souvent celle de toute une famille. Derrière chaque situation se trouvent des rendez-vous, des démarches, des inquiétudes, des choix professionnels, des contraintes financières, des interrogations sur l’avenir, mais également des moments de joie, des progrès, des réussites et des liens qui se construisent autrement. C’est pourquoi je pense que notre manière de concevoir la protection doit encore évoluer.

Protéger sans enfermer ;  Accompagner sans se substituer ; Soutenir sans déposséder ; Sécuriser sans empêcher l’autonomie.

Et peut-être surtout :

protéger une personne sans oublier ceux qui vivent avec sa vulnérabilité.

La véritable question n’est finalement peut-être pas seulement de savoir comment protéger une personne vulnérable.

Elle est de savoir comment construire un environnement suffisamment sécurisant pour que la personne puisse conserver sa place, ses droits et son autonomie, sans que sa famille soit contrainte de sacrifier sa propre capacité à vivre et à se projeter.

C’est dans cet espace de réflexion que je poursuis mes recherches. Comprendre les situations de vulnérabilité. Partager les expériences et les connaissances. Transmettre les réflexions susceptibles de faire évoluer les pratiques et, peut-être demain, le droit.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Peut-on réellement parler de protection lorsque celle-ci conduit une famille entière à renoncer progressivement à sa propre autonomie ?

Comment construire un modèle qui protège la personne vulnérable tout en préservant les droits, les projets et l’équilibre de ceux qui l’accompagnent ?

Et surtout, sommes-nous suffisamment préparés à anticiper le moment où les parents ne pourront plus être les principaux protecteurs de leur enfant ?

Vos expériences, vos observations et vos réflexions peuvent contribuer à enrichir ce débat.

Parce que comprendre, c’est aussi commencer à mieux protéger.


Source principale

UNAPEI – « Handicap et vie quotidienne : La Voix des Parents », enquête réalisée du 28 janvier au 24 mai 2023 auprès de parents ayant un enfant ou plusieurs enfants avec trouble du neurodéveloppement, en situation de polyhandicap ou de handicap psychique.

L’enquête comportait un volet quantitatif par questionnaire en ligne et un volet qualitatif fondé sur des entretiens semi-directifs. Elle a été menée par Planète Publique, société externe et indépendante, dans le respect de la confidentialité et des standards professionnels.

Référence : Unapei, La Voix des Parents – Handicap et vie quotidienne, 2023.

Réflexion complémentaire

Cet article s’inscrit dans la continuité de ma réflexion sur la place de la famille dans la protection des personnes vulnérables et sur la nécessité de penser cette protection dans une perspective d’anticipation, d’autonomie et d’équilibre relationnel.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *